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Pineshish-Piyaasiis : suivi des oiseaux boréaux du Québec

Projet réalisé en collaboration avec les Premières Nations innues et ilnues de Mashteuiatsh, Essipit, Pessamit, Uashat mak Mani-Utenam, Matimekush-Lac John, Ekuanitshit, Nutashkuan, Unamen Shipu et Pakua Shipu, ainsi que la Première Nation naskapie de Kawawachikamach

Depuis 2021, nous avons collaboré de près ou de loin avec toutes les Premières Nations innues et naskapie au Québec ainsi que le Service canadien de la faune afin de contribuer au suivi des oiseaux boréaux du Québec. Avec ce projet, nous souhaitons soutenir la participation active des Premières Nations dans le suivi des oiseaux sur leurs territoires en leur fournissant les outils nécessaires à leur conservation.

À ce jour, en collaboration les Premières Nations impliquées, nous avons inventorié environ 630 sites à l’aide d’enregistreurs automatisés et une quarantaine de sites en personne par points d’écoute. En parallèle, nous avons animé des ateliers sur les oiseaux dans huit écoles, rejoignant près de 450 élèves de niveau maternel à secondaire, en plus d’offrir des présentations publiques, webinaires et formations aux membres des Premières Nations partenaires.

Quels sont les objectifs du programme de suivi des oiseaux boréaux?

Le programme vise à acquérir des connaissances sur la répartition et l’abondance des oiseaux dans la forêt boréale. Il permet de détecter les changements dans les populations, de repérer les habitats essentiels et de cibler les zones où se trouvent les espèces en péril. Ces données sont essentielles pour orienter les actions de conservation et de gestion des milieux naturels.

Comment ?

Le suivi repose sur le déploiement d’enregistreurs acoustiques autonomes de haute qualité, positionnés stratégiquement en fonction du cycle saisonnier et des périodes d’activité des espèces ciblées. Ces dispositifs collectent des données sur plusieurs jours, couvrant l’ensemble de la période de nidification. Les enregistrements sont ensuite analysés par des ornithologues spécialisés, permettant une identification rigoureuse des espèces. L’ensemble du processus, intégré à la plateforme Wildtrax, permet d’assurer une évaluation fiable des communautés aviaires.

Pourquoi est-ce important ?

Avec le projet Pineshish, nous pouvons suivre l’état des populations d’oiseaux boréaux et disposer de données de référence fiables. Ces données servent à évaluer l’évolution des populations d’oiseaux boréaux et les changements dans leur environnement, tout en identifiant les habitats clés à préserver pour assurer leur conservation à long terme.

Installer des stations d’écoute sur le territoire pour recenser les oiseaux grâce à leur chant

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2020

23 sites recensés en collaboration avec la Première Nation innue de Matimekush-Lac John et la Nation naskapi de Kawawachikamach.
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2021

60 sites recensés en collaboration avec les Premières Nations innues de Pessamit, Uashat mak Mani-Utenam et Ekuanitshit.
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2022

136 sites recensés en collaboration avec les Premières Nations innues de Pessamit, Uashat mak Mani-Utenam et Ekuanitshit.
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2023

109 sites recensés en collaboration avec les Premières Nations innues de Uashat mak Mani-Utenam, Ekuanitshit, Nutashkuan, Unamen Shipu, et Pakua Shipi.
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2024

126 sites recensés en collaboration avec les Premières Nations ilnues et innues de Mashteuiatsh, Uashat mak Mani-Utenam et Pakua Shipu.
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2025

184 sites recensés en collaboration avec les Premières Nations ilnues, innues et naskapie de Mashteuiatsh, Nutashkuan et Kawawachikamach.

Expertise autochtone

Dans le cadre du projet Pineshish-Piyaasiis, l’expertise scientifique est enrichie et complétée par les savoirs autochtones des communautés partenaires. Cela met en pratique l’approche à deux yeux qui combine les connaissances scientifiques et traditionnelles pour une compréhension plus complète des écosystèmes boréaux.

Une fois les sites d’inventaires identifiés, l’installation des enregistreurs automatisés sur des territoires souvent éloignés des routes requiert la présence de guides et d’experts du territoire issus des communautés. Leur connaissance approfondie du Nitassinan facilite les déplacements et assure la sécurité des équipes sur le terrain.

+ de 20 membres des Premières Nations ont participé activement aux travaux terrain, jouant un rôle central dans le succès et la richesse des informations recueillies

Comment capter les chants et les cris des oiseaux sur le terrain ?

Choisir le matériel

Il est possible d’enregistrer avec différents modèles d’enregistreurs qui sont spécialement conçus pour l’enregistrement de chants et de cris d’oiseaux. Il est important de privilégier un enregistreur programmable, robuste et qui possède une grande autonomie. Parmi les modèles couramment utilisés, on retrouve le Song meter 4 de Wildlife Acoustics, ainsi que le BAR-LT de Frontier Labs, utilisé pour le projet Pineshish-Piyaasiis.

Sélectionner les sites

La sélection des sites d’enregistrement acoustique est une étape clé pour assurer la représentativité des données collectées sur l’ensemble de la zone d’étude. Un plan d’échantillonnage rigoureux permet de maximiser la détection des espèces ciblées, tout en tenant compte des contraintes logistiques et des objectifs de l’étude.

Cibler les habitats d’intérêts
Le choix des sites vise à représenter la diversité des habitats présents sur le territoire étudié. Il est essentiel de cibler à la fois (1) les habitats rares, pour documenter des espèces possiblement associées à des milieux spécifiques ou sensibles; (2) les habitats dominants, afin d’obtenir un portrait fidèle de l’avifaune dans la zone d’étude ; et (3) l’historique de la zone d’étude, en consultant les données existantes provenant d’autres projets ou base de données (p. ex., Atlas des oiseaux nicheurs, eBird, etc.).

Processus de sélection des sites
Pour assurer une couverture uniforme et représentative de la zone d’étude, nous utilisons une grille d’hexagones couvrant l’ensemble du territoire. À l’intérieur de chaque hexagone, quatre enregistreurs sont installés en respectant certains critères liés à l’accessibilité, à la sécurité et à la diversité des habitats. Cette méthode utilisée dans le cadre du projet Pineshish-Piyaasiis permet d’éviter un biais de sélection et d’assurer une bonne représentativité spatiale.
Il est également important de disposer les enregistreurs de façon à créer des données à haute valeur scientifique, c’est-à-dire des données qui seront utiles au-delà du suivi et des objectifs d’un projet spécifique. En suivant le plan d’échantillonnage et une programmation d’enregistreurs similaire à ce qu’utilise le Service canadien de la faune, on s’assure d’obtenir des données utilisables à grande échelle (provinciale, nationale et même continentale) et à la diversité des habitats et aux objectifs spécifiques du projet (ex. : détection d’espèces rares, suivi temporel, comparaison entre types de milieux, etc.).

Installer des enregistreurs

La mise en place d’un protocole d’installation standardisé est essentielle afin de limiter les biais potentiels et de ne rien oublier lors du travail sur le terrain. L’utilisation d’une liste de vérification (formulaire terrain) permet de s’assurer que toutes les étapes sont bien complétées, par exemple : positionnement adéquat de l’enregistreur, relevé du point GPS, prise de photographies, et description de l’habitat. Ces informations sont importantes pour pouvoir localiser et récupérer facilement les enregistreurs ultérieurement. Ce formulaire terrain peut être utilisé sous différents formats : imprimée sur papier, intégrée à une application spécialisée ou encore enregistrée tout simplement sur un téléphone mobile. L’important n’est pas le support utilisé, mais de s’assurer que les données soient correctement sauvegardées. Le formulaire terrain, conçu à l’aide de l’application Survey123, a été utilisé via un appareil mobile dans le cadre du projet Pineshish-Piyaasiis.

Programmation des enregistreurs
La programmation des enregistreurs constitue l’une des étapes clés du protocole. Elle s’effectue à l’aide d’un logiciel et s’installe ensuite dans chaque appareil via une carte mémoire. Plusieurs paramètres doivent être définis avec soin, tels que l’heure locale du site d’installation, la période et la fréquence d’enregistrement, afin d’optimiser les résultats en fonction des objectifs initiaux. Il est important de noter que plus la durée d’enregistrement est longue, plus la quantité de données à analyser augmente, ce qui peut engendrer une hausse significative des coûts du projet.

Période d’installation des enregistreurs
L’installation des enregistreurs peut être réalisée aussi bien au printemps qu’en hiver. L’essentiel est que les dispositifs soient en place avant le début de la saison de nidification et demeurent installés jusqu’à sa fin, généralement de la mi-mai à mi-juillet. En fonction du budget disponible, le déploiement peut se faire par des routes accessibles ou, pour les zones isolées et non desservies par le réseau routier, à l’aide de moyens de transport spécialisés tels que l’hélicoptère ou la motoneige.

Analyser les données

L’analyse des enregistreurs repose sur la lecture des spectrogrammes, soit la représentation visuelle d’un chant ou cris d’oiseaux sous forme de graphiques en deux dimensions. Cette méthode permet de “voir” les sons pour en faciliter l’interprétation. L’analyse est effectuée par des ornithologues spécialisés. Dans le cadre du projet Pineshish-Piyaasiis, cette tâche est prise en tâche par le Service canadien de la faune, qui mandate l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac, pour le traitement des données acoustiques.

Dans le domaine de l’ornithologie, des codes à quatre lettres sont utilisés pour identifier rapidement les espèces d’oiseaux à partir d’abréviations normalisées pour désigner le genre et l’espèce. Ils servent notamment à annoter les différentes captations (chants et/ou cris). Dans la plateforme WildTrax, ces codes sont dérivés des noms anglais des espèces. Par exemple : WTSP pour White-throated Sparrow (bruant à gorge blanche), SPSA pour Spotted Sandpiper (chevalier grivelé) ou RUGR pour Ruffed Grouse (gélinotte huppée).

Accéder aux données et fichiers audios

Une fois les données analysées, elles sont accessibles sur la plateforme WildTrax, utilisée pour gérer, analyser et partager des données recueillis par les enregistreurs acoustiques. Depuis le site WildTrax, il est possible de filtrer les données par attribut (date, localisation, espèce, etc.) et de télécharger les fichiers audios au besoin.

Vous désirez en savoir plus sur le projet Pineshish-Piyaasiis ?